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Agence régionale de Santé (ARS)

La grève qui révèle les maltraitances

Le personnel de l’ARS est en grève « illimitée » à partir de ce jeudi 15 juillet. Cette grève « générale » en cache une autre. Dans une pétition adressée aux pouvoirs publics, les agents du service de la lutte anti-vectorielle (LAV) dénoncent « une maltraitance » imposée par la Direction de l’ARS, institution dont les missions premières reposent sur la « prévention » des maladies vectorielles.

L’importance de ce service ne fait aucun doute, comme en témoigne l’épidémie de dengue. Pour autant, il « souffre » d’un manque flagrant d’intérêt de la part de la hiérarchie. L’actuel Directeur de la Santé Publique (DSP) continue de rabaisser et minimiser le travail des agents, contribuant ainsi à saper le moral d’un personnel qui œuvre depuis des années, au prix de lourds sacrifices, à améliorer la santé publique sur un territoire marqué par le désert médical.

L’engagement des équipes de la LAV est unanimement reconnu par la population mahoraise. Pour rappel, à l’époque de la DASS, le budget du service était, selon le DSP, « supérieur à celui des Comores », ce qui justifierait la suppression des moyens de ce service. « Les agents devaient donc s’estimer heureux et privilégiés », avait-il l’habitude de répéter.

Cet état d’esprit inconvenant qui consiste à comparer un département français avec un état indépendant, est pitoyable, surtout venant de cadres métropolitains envoyés à Mayotte pour améliorer et rehausser, au niveau des standards métropolitains, les structures anciennes et vieillissantes d’un territoire abandonné par la République.

Un sacrifice méprisé par la direction

Avec plus de 60% des effectifs de l’ARS, c’est grâce au travail des agents de la LAV que la population de Mayotte a réussi à surmonter les différentes épidémies tropicales qui ont sévi sur le territoire (paludisme, hydrocèle, éléphantiasis, Dengue, Chikoungounya, etc…). De plus, ils continuent encore aujourd’hui à manipuler, de façon dérogatoire, des produits ayant été interdits partout ailleurs dans l’Union Européenne et dans la plupart des pays développés. Les conséquences de ces produits interdits sur leur santé n’ont jamais été documentées et encore moins étudiées !!!

Par ailleurs, les agents trainent la mauvaise image qui leur a été collée par les différentes directions de l’ARS (niveau scolaire trop bas, incompétents, non civilisés, etc…). Dans un objectif d’amélioration de l’encadrement intermédiaire et de leurs conditions de travail, les agents ont demandé à être managés par des cadres mahorais, chose faite depuis quelques mois. L’adjoint à l’ancien chef de service a été désigné pour prendre la direction de ce service.

Cependant, du fait de son refus de se soumettre aux ordres infantilisants du Directeur de la Santé Publique, notamment lors du recrutement de son adjoint, la directrice générale de l’ARS a œuvré pour imposer une personne qui s’était ouvertement opposé à l’intégration des agents dans la fonction publique en 2012. Curieusement, les compétences de ce cadre coopté correspondent plutôt au service Santé Environnement et non à la LAV.

Copinage et compromissions

En même temps, tous les candidats qui avaient postulé pour ce poste d’adjoint, issus de Mayotte et dont les profils étaient parfaitement adaptés au poste, ont été écartés au profit d’une personne soutenue par le DSP dont le cursus est justement le moins adapté au poste à pourvoir. Ainsi, de peur de voir revenir le système heureusement révolu de la DASS et de l’ARS OI marqué par des décisions d’opportunité hautement douteuses, la pétition dénonce des « compromissions » relevant du « copinage », les agents du service LAV refusent cette méthode de recrutement arbitraire, déjà contestée par l’ensemble du personnel.

Comme pour l’ensemble des chefs de service, les agents de la LAV réclament de l’objectivité dans la dévolution des postes, et une politique visant à améliorer leurs conditions de travail. Les valeureux employés qui au quotidien mettent en danger leur sécurité et leur santé, ne doivent plus subir des décisions malveillantes. Ils souhaitent que les nominations s’effectuent sur des choix objectifs, en termes de qualification et de compétence, mais non sur des motivations partisanes et affinitaires.

 

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