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C’est la rentrée scolaire, mais rien ne change

Discrimination à l’embauche des Mahorais

Pour le premier degré les syndicats dénoncent le déficit récurrent en salles de classe, au point d’envisager de transformaer une MJC en école. Pour le second degré, ce sont les professeurs qui manquent à l’appel, une trentaine de postes selon le Rectorat.
A ce sujet; 976 News livre un témoignage accablant dont voici la teneur :
« Je vous écris pour porter à votre connaissance une forme de discrimination au recrutement à l’enseignement au rectorat de Mayotte. Cette discrimination ciblerait des Mahorais diplômés vivant en métropole. Elle serait systémique mais non généralisée. Et je viens d’en essuyer récemment les conséquences.
Je pense que les Mahorais ont droit à l’information à ce propos. Ils doivent connaitre ces humiliations dégradantes à l’égard de Mahorais diplômés souhaitant rentrer chez eux pour servir leur île mais qui sont empêchés, dégoutés par certains inspecteurs académiques dont leur fonction est de recruter des compétences.
Pour en venir au fait, depuis 15 ans, je travaille et vit en famille en France Métropolitaine. J’ai fait des études en Lettres Modernes durant 2 années, j’ai étudié durant 10 années le latin (mère des langues européennes) dont le français (aujourd’hui cette discipline est rebaptisée « lettres ») et je dispose d’un Master en sciences de l’éducation option scolaire.
Dès l’ouverture des recrutements d’enseignants contractuels en mars par le rectorat de Mayotte, mon épouse et moi-même nous nous sommes positionnés sur des postes d’enseignant dans le 2nd degré sur ACLOE. Je me suis positionné sur la discipline « Lettre » et mon épouse « Maths-Physique-Chimie ». Mon épouse n’est pas mahoraise. Sa candidature a été traitée de manière très fluide et a été recrutée et affectée rapidement à son établissement pour la rentrée.
Pour la mienne ce fût un parcours de combattant. N’ayant pas de nouvelles, j’ai relancé dès avril le rectorat en essayant de contacter divers interlocuteurs (responsables du rectorats) pour juste obtenir une réponse (favorable/défavorable). Sans succès.
On m’a fait tourner en rond durant 4 mois. On m’a dit que les recrutements ont pris du retard et que finalement ça sera fait en avril. En avril, ne voyant rien venir, j’ai relancé. On m’a dit, les entretiens sont au mois de mai. En mai, je n’ai rien vu venir alors j’ai relancé. On m’a dit finalement, c’est en juin. En juin, j’ai envoyé un mail directement à l’académie qui m’envoie un mail de quelques lignes le lendemain pour m’informer que je n’ai pas les critères pour enseigner au Lycée/collège avec mon Master en sciences de l’éducation. Surpris, je l’ai interpelé (appel tél, mail) pour en apprendre davantage sur les critères sur lesquels elle s’appuie. Depuis elle n’a jamais donné suite à mes relances.
En ce début de mois de juillet, j’ai eu un contact informel du rectorat (une CPE) qui m’informe que le recrutement de contractuel est clos depuis un moment et que la liste d’attente est à rallonge et de s’étonner que la qualité de mon profil n’a même pas pu bénéficier d’un entretien préalable. Et à mon grand étonnement, cette CPE me propose un poste de « pion » autrement dit surveillant.
J’ai interpelé le recteur de Mayotte et mis en copie mail l’ensemble de son staff pour lui signaler ce traitement déshumanisant indigne de la fonction publique. Je lui ai exigé des explications avant d’engager des poursuites. A ce jour, il ne s’est pas exprimé.
J’ignore si je suis un cas d’exception à avoir été malmené de la sorte ou si d’autres mahorais ont été aussi humilités.
Pour ma part, j’ai la ferme intention de donner un tournant judiciaire à cette affaire afin que cessent ces pratiques illégales. »
Bien à vous,
I.B.
Ndlr : le texte est signé avec des initiales pour préserver l’identité de l’auteur postulant.

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