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Coronavirus, un révélateur d’archaïsmes

Projet d’après confinement : Changer la société mahoraise

L’autorité sanitaire avait moqué l’hystérisation de la pandémie Covid 19 dans le département de La Réunion. Elle s’en mord aujourd’hui les doigts. On vait dit que les bidonvilles sont touchés et qu’i fallait craindre le pire, compte tenu du temps d’incubation du virus. On nous a reproché à tort, de stigmatiser les communautés issues de l’immigration. Telle n’était pas notre intention, bien au contraire, l’objectif était bel et bien d’exiger de l’ARS la transparence afin de responsabiliser tous les habitants de l’île, de les inciter au confinement et au respect des mesures barrières.
Aujourd’hui, les cas recensés montrent la mauvaise gestion des risques de propagation du virus sur le territoire.
Quelle a été la réaction de l’autorité sanitaire au départ et au fur et à mesure que la catastrophe prenait de l’ampleur ? Insouciance, négligence, impréparation, maladresses, propos embarrassés, et puis maintenant que le compteur s’affole dangereusement, rétention d’informations, embargo sur les statistiques, donc silence coupable.
La confusion est totale du côté des représentants de l’Etat qui se sont même permis, d’aller à l’encontre des recommandations du comité scientifique. Ceci m’amène à dire que les lois d’exception applicables à Mayotte et les pouvoirs dérogatoires accordés par le gouvernement au préfet sont la plaie administrative de cette île. Une plaie qui s’infecte à mesure que l’Etat ne réparera pas sa faute la plus grave : confiner les clandestins dans les banlieues, foyers de toutes les insécurités, y compris sanitaires.
La première des mesures à prendre pour corriger la faute est donc simple et raisonnable : outre la fermeture immédiate de la frontière maritime au trafic des kwassa kwassa en provenance des Comores, il faut rétablir le droit à Mayotte en abrogeant le titre de séjour dérogatoire, territorialisé, pour permettre aux immigrés de recouvrer leur pourvoir de voyager, reconnu en droit international.
Après déconfinement, une autre décision doit être prise de manière concertée entre l’Etat et le département pour sortir enfin du provisoire qui dure, car seule la stabilité des institutions permettra de trouver les réponses appropriées aux fragilités de notre île, révélées par la pandémie Covid 19 dans toutes leurs gravités. Il s’agit ici de mettre le département en capacité d’assumer pleinement ses compétences, d’exercer une réelle autorité sur les affaires qui le concernent, en premier lieu sur les domaines du développement économique et de l’aménagement du territoire, qui relèvent de l’échelon régional.
Faire du social une priorité du département est mesure de bon sens, mais le vrai enjeu est de lutter contre les fractures territoires, terreau des crises sociales, et cette lutte se gagne en priorisant le développement et l’investissement structurel.
La décentralisation : un instrument de réforme de la société mahoraise archaïque
Enfin, troisième mesure à mettre en œuvre, la décentralisation véritable, en transférant les compétences encore dévolues à l’Etat aux collectivités locales, département bien sûr, mais aussi communes et intercommunalités. Nos édiles, maires et conseillers territoriaux doivent jouer pleinement le rôle de développeur au sein de leurs territoires respectifs. Cela dit, ils ont une grande responsabilité que le confinement a permis de mettre en lumière, celle de réformer en profondeur la société mahoraise, de changer adroitement, par la force de la loi, les coutumes et traditions qui s’avèrent être un frein pour le développement économique, social, culturel et environnement.
Vaincre le Covid 19 et sortir du confinement c’est d’abord et surtout, pour la communauté mahoraise et pour toutes les communautés qui vivent sur le territoire, vaincre nos comportements rituels et sortir des archaïsmes.
Ces trois mesures forment le projet pour Mayotte d’après confinement, et ce projet repose un impératif de modernité, à savoir : changer la société mahoraise.

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