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Egalité des chances : une ambition tardive

La première considération qui a guidé le Conseil général de Mayotte au sujet de l’élaboration, en 1976, de la politique éducative à mener dans l’île, a consisté à adopter une stratégie pour faire de Mayotte une île francophone. Car les enfants doivent souvent faire l’apprentissage de quatre langues : le shimaore (langue swahili) ou le shibushi (dialecte malgache), l’un ou l’autre étant leur langue maternelle, le français, langue de l’école, et l’arabe, enseigné à l’école coranique.

Pour mémoire, la scolarisation n’est obligatoire à Mayotte que depuis le début des années 1980. L’ouverture des écoles maternelles n’a été programmée qu’en 1993, et ce de manière étalée jusqu’à la rentrée 1997 pour couvrir les 17 communes. La généralisation de l’école maternelle, pour un coût total des infrastructures estimé à 105,4 millions de francs, n’a été effective qu’au tournant de l’an 2000.

C’est dans l’enseignement préélémentaire que les progrès les plus considérables ont eu lieu à Mayotte, le taux de scolarisation passant de 41% en 1997 à plus de 60% en 2007. Toutefois, ce taux est loin du niveau de la France (métropole plus DOM) qui s’établit alors à 80%. La scolarisation en maternelle, particulièrement utile pour des enfants dont le français n’est généralement pas la langue maternelle, progresse lentement.

Les effectifs de l’enseignement maternel sont passés de 9.966 en 2003 à 12.607 en 2007, soit une augmentation de 35 % en quatre ans. La préscolarisation constitue un enjeu majeur pour assurer le bon apprentissage de la langue française, avec des méthodes d’apprentissage adaptées au contexte local.

Pour beaucoup d’observateurs, la problématique de l’échec scolaire est prégnante car « on paye à Mayotte une scolarité tardive ». Encourager la scolarisation dès l’âge de trois ans est donc le moyen le plus efficace de garantir l’égalité des chances à Mayotte. Pour les instituteurs, cela revient à dire que pour éviter un échec collectif. «il faut mettre plus d’argent dans les écoles, et ce dès la maternelle ».

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