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Enseignement : le combat des instituteurs élus

En 1974, à la veille de l’indépendance des Comores, Mayotte compte un effectif de 2.884 élèves, soit un taux de scolarisation de 30%, qui le place quand même légèrement au-dessus de la moyenne de l’archipel (28,5%) et surtout le taux de scolarisation des filles y est le plus élevé. Ces progrès frémissants, qui sont à porter au crédit des instituteurs formés à Madagascar, vont s’amplifier après l’avènement, en 1976, du statut de Collectivité territoriale.

Les pionniers qui s’efforcent, avec des moyens dérisoires, de donner à l’enseignement ses titres de noblesse sont aussi des élus. Ces instituteurs politiciens, issus du Mouvement populaire mahorais (MPM) ou favorables au rattachement avec les Comores, jouissent de la confiance de la population. Une confiance totale, qui va leur permettre d’assoir l’appareil éducatif sur des bases solides. Face au conservatisme social et aux pesanteurs culturelles, ces bâtisseurs d’avenir prônent le développement économique, ils militent tous pour le progrès social et culturel.

À la fois enseignants, élus du peuple, intellectuels au milieu d’une masse ignorante, notables influents, ces instituteurs débroussailleurs bousculent la hiérarchie sociale. Dans une île où l’école coranique est érigée en dogme, deux élus en particulier mobilisent toutes les énergies pour faire en sorte que le système éducatif à la française rythme l’emploi du temps des enfants : le président du Conseil général, Younoussa Bamana, et son vice-président, Abdallah Houmadi. Avec l’ensemble de leurs collègues, ces hussards noirs de la République vont s’imposer là où la République a longtemps failli à ses devoirs. Ils veulent instruire la jeunesse, éveiller la conscience du peuple, et ils le prouvent en faisant de l’Education la priorité des priorités pour le premier mandat de l’Assemblée territoriale.

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