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Gouvernement d’Emmanuel Macron, Acte II

Néocolonialisme, continuité, rupture ou convergence

La défaite des Macronistes à Mayotte doit nous interroger. Beaucoup ont été soudoyés, nombreux sont des corrompus, comme tous ceux qui font appel à la Commission de l’économie sociale et solidaire. Ceux-là ne veulent qu’une chose, de l’argent, et nous les connaissons, ils tueront père et mère pour le mal acquis.
Cette défaite de Macron est une très bonne chose, nous l’avons demandé et nous l’avons obtenu, sauf à Sada. Maintenant réfléchissions à l’avenir. Voici des éléments pour ceux qui veulent réfléchir.
Tous les présidents de la Vème République ont tergiversé pour le maintien de Mayotte dans la France, à l’exception notable de Nicolas Sarkozy qui a permis la départementalisation en 2011.
Jugez les bons et les mauvais :
– Charles De Gaulle refuse la rencontre avec Georges Nahouda, chantre de la départementalisation de Mayotte, le Général maintient en 1958 l’île dans le giron du Territoire des Comores sous le régime scélérat d’autonomie de gestion, transfert de la capitale de Dzaoudzi à Moroni à partir de 1961;
– Georges Pompidou met en œuvre le projet gaulliste de régionalisation, permet, après l’indépendance de Madagascar en 196l et le dégagement de la France de base militaire de Diiego Suarez, la création du Conseil régional de Mayotte, autorise Pierre Messmer, ministre des DOM-TOM à déclarer, dans un discours célèbre de 1972, « Les Mahorais sont français depuis 130 ans, ils peuvent le rester aussi longtemps qu’ils le souhaitent », cette promesse, inattendue, se concrétise avec le référendum d’autodétermination de 1974, voulu par les Mahorais ;
– Valéry Giscard d’Estaing prône l’unité des Comores mais s’en remet à la loi du parlement autorisant la consultation référendaire des populations des quatre îles des Comores, il promulgue le statut provisoire et hybride de Collectivité territoriale de Mayotte en 1976, mais soumet les électeurs mahorais à deux consultations successives relatives au statut définitif de l’île ;
– François Mitterrand, élu en 1981, travaille pour l’intégrité territoriale de l’Etat comorien, formé de quatre îles, il considère que la loi détachant Mayotte des Comores est une « loi injuste », et menace de larguer Mayotte sous la pression des instances internationales (ONU, ONU, Ligue arabe) :
– Jacques Chirac, au pouvoir en 1995, souffle le chauf et le froid, au motif que Mayotte n’est pas encore préparée à faire le grand saut dans le droit commun, compte tenu de ses spécificités culturelles, la départementalisation est repoussée sine die, le patron du RPR est néanmoins le premier président de la République à faire un voyage officiel à Mayotte en 2001, inscription de Mayotte dans la constitution française en 2003, promesse de rupéisation ;
– Nicolas Sarkozy met en œuvre les préconisations de l’Accord sur l’avenir institutionnel de Mayotte, visite officielle en 2008, adoption du Pacte pour la départementalisation, lequel prévoit une départementalisation « progressive adaptée », entérinée par la loi de 2010 et officialisée après les élections cantonales de mars 2011, Mayotte devient une RUP au 1er janvier 2014, création du Centre universitaire de formation et de recherches (CUFR) de Dembéni :
– François Hollande, mis sur le fait accompli, poursuit le processus de départementalisation bon gré mal gré, signature du « Plan Mayotte 2025 », document rédigé par les parlementaires socialistes, décrié par les conseillers départementaux et les milieux socioprofessionnels, visite officielle en 2017 en marge du sommet de la Commission de l’océan Indien (COI), extension de l’indexation pour les fonctionnaires mahorais ;
– Emmanuel Macron, déplacement de 2h à Mayotte pour la campagne présidentielle, discours de Labattoir conditionnant la stabilité de l’île au développement des Comores, fraîchement accueilli par les Mahorais, déclaration de Guyane remettant en cause le choix de la départementalisation, visite officielle en 2019, discours consensuel de Mtzamboro, annonce de la réalisation du chantier d’allongement de la piste de l’aéroport de Pamandzi, transformation du Rectorat et Académie, création de l’ARS de plein exercice, malgré tout, sondage d’opinion défavorable auprès des électeurs mahorais.
Ce récapitulatif doit faire réfléchir les Mahorais, leur destin se joue aujourd’hui entre trois approches politique, diplomatique et développenmentiste : la continuité, la rupture ou la convergence.
Ce choix appartient à une jeune génération. Cette génération doit comprendre que la France de Macron est petite

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Manœuvres affairistes au détriment de la population