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La situation à Miréréni est très inquiétante

« La minute la plus longue de ma vie. »

Photo d'illustration

Aujourd’hui vers 19h00 : La situation à Miréréni Combani est très inquiétante. Des bandes cagoulées s’imposent sur la route avec des gros cailloux, des barres de fer et des machettes. Plusieurs véhicules ont été vandalisés. Voici le témoignage d’un habitant de la commune de Tsingoni qui a vécu « la minute la plus longue » de sa vie :

« Au moment où j’écris ces lignes, mes mains trembles. Je ne cesse de repenser à l’énorme risque que j’ai pris, en l’endossant également à ma femme, en voulant, après avoir achevé une longue journée de travail, prendre la route nationale entre Passamainty et Tsingoni. Il était 19h 30. Pourtant, il y avait des échos, très flous, disant que la situation n’était pas bonne. Aucune information officielle. Mais j’ai fait confiance à nos forces de l’ordre, nationales comme communales : à la gendarmerie, la police nationale, à la police municipale. Ces dernières été les seules à être sur les lieux.

Imaginez-vous sur une route sinueuse, immobilisées par des jeunes cagoulés par dizaine, vingtaine voire trentaine, avec des pierres de tailles différentes. Les petites se tenaient sur une main, les plus grosses également mais à peine. Juste assez pour ne pas qu’elles glissent.

De débris de vitre de voitures et des pierres s’étalent sur la route. Ça brille de partout. J’avais l’impression de rentrer dans « la gueule du loup » en nous livrant à la mort, moi et ma femme.

J’avance à lente allure. Tous les 10 mètres, plusieurs jeunes impressionnent, s’agitent avec des chiens et des armes blanches mais nous laissent passer. Ma femme pleure, mais je dois être courageux et avancer sans m’arrêter. J’arrive vers le pont de Mirereni. Toujours des jeunes à nombre aveuglant et terrifiant. Je ne peux plus faire marche arrière. Un jeune, avec un bout de fer ou de bois à la main, positionnait devant nous, nous fait signe de ralentir, je ralenti, mais sans m’arrêter jusqu’à le dépasser. Je vois enfin la lumière, le bout du tunnel. Il y avait d’autres personnes, de Combani qui nous regardaient, avec les visages inquiets. Nous n’avons rien eu Dieu merci. Mais à quel prix ? Aucune voiture de gendarme, aucune voiture de la police nationale, juste une voiture de la police municipale. Nous nous sommes sentis abandonné par nos forces de l’ordre. Nous étions abandonnés par eux. Je continu de trembler en restant fort. Parce que je dois l’être pour ma femme. »

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