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Le Président du Conseil Départemental s’adresse au ministre de l’intérieur

Violences dans les transports scolaires : le président du Conseil départemental s’adresse au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin pour demander un engagement très clair

Alerter une nouvelle fois les autorités sur le lien entre insécurité et problématique des transports scolaires, c’est le sens de la démarche du président du Département Ben Issa Ousseni.

Face au droit de retrait exercé par les transporteurs, le président du Conseil départemental s’adresse par courrier au Ministre de l’intérieur Gérald Darmanin : « Je me permets d’attirer votre attention sur la situation de la sécurité à Mayotte, dont les répercussions désastreuses affectent plus particulièrement la question essentielle des transports scolaires. Pour avoir eu le privilège de partager plusieurs temps forts de votre visite, je sais combien cette préoccupation vous est chère et si je m’adresse à vous, c’est aussi parce que nos efforts – constants – trouvent leurs limites » lui indique-t-il d’emblée.

Le président évoque la gravité de la situation : « Ces dernières semaines, les caillassages et agressions se sont multipliés. S’il n’y a pas eu de blessés graves, ces violences à répétition n’en ont pas moins suscité une très vive tension qui ne retombe pas. Le canton de Tsingoni dont je suis l’élu en est notamment le triste théâtre depuis de trop longs mois. Nous ne pouvons, malgré notre détermination, nous y résoudre ».

Il rappelle ensuite l’ampleur des efforts consentis dans la durée par le Département. « Conscient des enjeux juridiques – indispensables – mais aussi de mobilité des élèves, comme de sécurité, le Conseil départemental a œuvré, depuis de longs mois, à sécuriser la rentrée scolaire 2021, avec l’engagement partagé qu’elle puisse se dérouler dans de bonnes conditions, pour les élèves, les enseignants mais aussi les prestataires de transport ».

Il note également que « dès le 12 septembre déjà, des réunions se sont tenues avec les conseillers départementaux, les syndicats de transporteurs, les élus de Tsingoni pour rechercher une « issue » aux conflits trop souvent observés notamment autour du secteur de Combani. Le 13 septembre, ce sont quatre élu(e)s départementaux qui ont, de façon volontariste, emprunté des lignes faisant régulièrement l’objet de violences. Pour désamorcer un premier droit de retrait et surtout proposer des solutions, nous avons été à l’initiative d’un protocole d’accord avec l’État et les syndicats de transporteurs ».  « Au terme de nombreuses réunions, un protocole a défini les bases sur lesquelles les élus du Conseil Départemental, les syndicats  et l’État à travers son représentant le préfet délégué du gouvernement se sont mis d’accord pour la reprise des services de transports scolaires, mais aussi avec la volonté de trouver des solutions pérennes » précise-t-il avant d’en énumérer les principales mesures.

« Ces engagements aux conséquences financières lourdes mais nécessaires sont assortis d’un appel sans équivoque à l’État, précise-t-il, autour d’un certain nombre d’engagements ou de mesures compensatoires : la prise en charge des coûts d’exploitation générés par les caillassages des véhicules scolaires liés à l’immobilisation des véhicules ; la révision de la carte de formation en lien avec le Rectorat de Mayotte (mise en place d’une carte scolaire) ; patrouilles de sécurisation des circuits scolaires avant le début du service  par les forces de l’ordre ; reprise des opérations de fouilles des sacs par les forces de l’ordre et construction d’un établissement public pénitencier pour les mineurs… »

« Des mesures d’urgence qui sécurisent nos élèves et les transporteurs sont vitales, la question des transports étant le terrible symptôme de l’insécurité à Mayotte » écrit le président., qui ajoute : « Je n’ignore rien des nombreuses alertes, courriers, sollicitations dont vous avez déjà fait l’objet, mais je pense important d’alerter votre attention sur la nécessité d’avancer très vite sur les engagements de l’État pour garantir la sécurité dans les transports, sur tout le territoire de Mayotte, avec un point de vigilance plus spécifique à avoir pour le canton de Tsingoni, qui est l’objet d’une véritable guerilla urbaine, malgré la mobilisation de tous les acteurs et élus locaux ».

Le président du Conseil départemental « demande aujourd’hui, avec solennité, un engagement très clair pour des mesures d’effet immédiat qui peuvent nous aider à résoudre la situation rencontrée, laquelle ne saurait perdurer ».

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