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L’obligation de scolariser : une révolution qui n’a pas eu lieu

La structure organise régulièrement des ateliers de lecture ou d'écriture ou des sorties à but pédagogique. L'objectif étant de faire connaitre aux jeunes, l'environnement dans lequel il se trouve, les institutions à leurs disposition et accroitre leurs connaissances sur l'ile.

L’article 7 de l’ordonnance n° 2007-1801 du 21 décembre 2007 relative à l’adaptation à Mayotte de diverses dispositions législatives relatives à l’Outre-mer prévoit que l’obligation de scolariser en maternelle s’appliquera à compter de la rentrée 2009 pour les enfants âgés de quatre ans et à compter de la rentrée 2010 pour les enfants âgés de trois ans. Cette révolution, hélas, n’a pas eu lieu.

La croissance démographique amplifiée par l’immigration clandestine, correspondant à une naissance toutes les heures, rend impossible la mesure dans les délais impartis, aussi l’échéance a été repoussée en 2014. La réalisation de cet objectif suppose la construction d’écoles et la création de classes supplémentaires par les communes, qui ont délégué cette compétence au Syndicat mixte d’investissement pour l’aménagement de Mayotte (SMIAM), structure aujourd’hui dissoute.

Le retard important en matière d’équipements est un constat qui date de longtemps. Les vice-recteurs successifs répètent sans cesse ce discours désolant, ce qui n’empêche pas l’Etat de les distinguer à la fin de leur séjour. La scolarisation de masse étant très récente, il en ressort que beaucoup de parents (75%) ne parlent pas, n’écrivent pas et ne lisent pas le français, malgré leur engagement pour l’éducation et l’accompagnement de leurs enfants à la scolarité.

Avec la départementalisation, la priorité de l’enseignement à Mayotte reste la maîtrise de la langue, dès la maternelle, car il est impossible d’apprendre à lire et écrire, à compter et calculer, si l’on ne sait déjà parler correctement. A cette priorité s’ajoute la nécessité de recentrer, à l’école primaire, les programmes d’enseignement sur le français, c’est-à-dire sur le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et sur les mathématiques. Il s’agit d’offrir aux jeunes les instruments de la liberté, le commencement de toute pensée rationnelle, les outils d’expression d’une citoyenneté véritable. Toutes ces disciplines, remises à l’honneur, éviteront les ravages de «la langue texto». C’est le but et le rôle de l’école primaire de permettre que l’enfant apprenne et progresse. Cette démarche rigoureuse doit commencer très tôt : à l’école maternelle.

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