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Manœuvres affairistes au détriment de la population

Scandales sur la DSP du port et sur le marché de l’eau potable

Crédits photo : Mayotte Tourisme
Deux règlements de compte en une semaine. Dans un courrier publié par le JdM, le préfet et le président du Conseil départemental ont dévoilé au grand jour les manœuvres de Mme Ida Nel au port de Longoni. Dans le même temps, le député Mansour Kamardine a révélé au JT de Mayotte Première les manœuvres du préfet sur le marché de construction de l’usine de dessalement de Petite-terre, bâti avec l’argent public mais qui ne produit pas un seul mètre cube d’eau potable.
Ces deux scandales impliquent les groupes MCG gestionnaire du port par délégation de service public et le groupe Vinci, gestionnaire de la DSP de l’eau potable. Les deux affaires impactent la vie quotidienne des habitants. En effet, il est question ici de la vie chère, avec d’un côté les tarifs prohibitifs des marchandises livrées au port, et de l’autre le prix exorbitant de l’eau.
Avec ces révélations, secret de polichinelle, l’on sait qui affame le peuple, qui l’assoiffe, qui a intérêt à affaiblir le pouvoir d’achat des ménages et qui s’enrichit au détriment du niveau de vie de la population.
Transparence ; des millions investis en pure perte
Puisque le contribuable paie cher le fonctionnement du port et les investissements subventionnés, toute la lumière doit être faite sur la comptabilité de la DSP dont les éléments ne seraient pas transmis, conformément au cahier des charges, au département, autorité de tutelle.
Puisque le citoyen imposable paie cher les charges de structures, les installations et équipements hydrauliques, la transparence s’impose au niveau du marché de l’eau potable et des investissements réalisés sans respecter les procédures administratives et sans apporter le résultat attendu.
Puisque des millions d’euros sont déversés au port et sur certains chantiers hydrauliques en pure perte, au bénéfice de grands groupes qui détournent les financements publics de leur objet, la justice doit participer à la manifestation de la vérité et lever l’impunité dont ils jouissent le cas échéant.
Sur la gestion supposée « prédatrice » du port, le préfet, s’il veut être exemplaire dans sa mission de contrôle de légalité, défaillante en l’occurrence, peut saisir le parquet, à charge pour le procureur d’ouvrir une information judiciaire pour connaître l’étendue des fraudes éventuelles et les réprimer s’il y a lieu.
Sur les conditions d’attribution du marché de l’usine de dessalement qui a tourné au fiasco, le député, s’il veut être efficace dans sa dénonciation, peut demander l’ouverture d’une enquête parlementaire pour obtenir la condamnation des fraudeurs si des infractions répréhensibles par le tribunal pénal sont avérées.
Dommage collatéral : le gouvernement éclaboussé
Dans ces deux règlements de compte sur fond d’intérêts occultes, économiques et financiers, la sphère politique est à l’image de l’argent sale, et le milieu administratif à l’image des biens mal acquis. Le courrier qui accuse la patronne du groupe MCG incrimine l’achat d’élus locaux qui, pour la plupart, exercent des fonctions administratives au sein des collectivités locales. Au sujet du chantier improductif de l’usine de dessalement, attribué au groupe Vinci pour des raisons controversées, le préfet a agi en sa qualité de commissaire du gouvernement pourvus des pouvoirs dérogatoires dévolus par le conseil des ministres avec l’accord du président de la République. L’enchaînement des révélations a donc un effet boomerang, l’Etat se trouve éclaboussé par dommage collatéral.
Les deux affaires passées inaperçues dans la presse nationale confirment ce que nous publions souvent sur les réseaux sociaux. Le monde politique mahorais est pris au piège de la cupidité, complice d’agissements dont il ne maîtrise pas les arcanes, ce qui ne dédouane pas les politiciens véreux de leurs responsabilités fautives dans l’organisation des circuits et filières qui tirent profit de la vie chère. Ici comme ailleurs en Outre-mer, les ficelles sont tirées par l’Etat qui engraisse les grands groupes quand ça l’arrange et par les grands groupes qui financent les partis au pouvoir, les candidats cupides, arrosent les élus et les fonctionnaires pour décrocher des marchés publics et maintenir leur situation de monopole.
Dans ce genre de manœuvres d’enrichissement illicite on trouve tous les ingrédients d’un scandale judiciaire : délit d’initié, favoritisme, détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, compromission, corruption, commissions, rétrocommissions et tutti quanti ? Bien souvent, ces manœuvres illégales relèvent du tribunal pénal. Qu’attend donc la chancellerie pour montrer l’exemple et rehausser son image, au nom de son indépendance, de la justice et de l’intérêt général ?

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