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Permis de tuer

Licence de protéger

L’assassinat de Miki, un jeune lycéen âgé de 17 ans, tué à l’arme blanche à la sortie du lycée, au moment de monter dans le bus scolaire, a plongé le village de Mtsamboro dans une profonde tristesse.
Alors que des voix s’élevaient pour réclamer vengeance, en toute responsabilité, ses parents ont appelé la communauté mahoraise au calme. Dans la communion et la dignité, une marche blanche réunissant un millier de personnes a rendu un hommage unanime à l’adolescent apprécié de ses condisciples.
Le traumatisme a érigé Miki en martyre d’un peuple endeuillé.
Après cette agression mortelle, le meurtre d’un autre lycéen commis à Cavani Mamoudzou, sur le chemin de l’école, par une horde de sauvageons, a plongé la population dans un état de sidération.

Ces deux événements tragiques ne sont pas liés, mais ils ont en commun la banalisation des violences urbaines, récurrence des agressions gratuites et des actes barbares.
Ces drames mettent en exergue une insécurité systémique résultant de quatre phénomènes :

  • Le laxisme des autorités judiciaires, assimilé à un encouragement à la récidive, des peines trop clémentes ne sont pas dissuasives;
  • L’impunité dont jouissent les mineurs étrangers isolés, agissant en bandes organisées, impunité perçue comme un permis de tuer;
  • L’insuffisance des forces de l’ordre, perçu comme une incitation au passage à l’acte;
  • Le manque de moyens affectés au maintien de l’ordre, perçu comme une licence de protéger la population.

A cette politique insécure s’ajoute une gouvernance criminogène assise sur quatre impositions :

  • Les lois d’exception dont la carte de séjour territorialisé est la parfaite illustration;
  • La licitation des illégalités caractérisant l’immigration clandestine dont les bidonvilles et l’économie informelle sont les maillons de la chaîne des insécurités;
  • Les pouvoirs dérogatoires dévolus au préfet qui corrompent le fonctionnement des institutions décentralisées;
  • La judiciarisation de l’expression des libertés individuelles et collectives.

Dans ce contexte anxiogène, une minute de silence ne suffit pas à honorer la mémoire des défunts. Compte tenu des enjeux de l’enseignement à Mayotte, un cri de colère doit retentir demain au sein du lycée Younoussa Bamana, un cri d’indignation adressé au ministre de l’éducation nationale et au président de la Republique, un cri de protestation dénonçant les retards inhérents à la départementalisation du système éducatif mahorais amorcée sous la présidence de Jacques Chirac.

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