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Titre de séjour territorialisé et violences endémiques

Une législation meurtrière qu’il faut abroger en urgence

La presse aux ordres nous apprend que, sorti de sa torpeur par l’enchaînement d’événements tragiques, le préfet est monté « courageusement » au créneau pour éteindre les feux sur plusieurs fronts. Représentant de l’Etat, délégué du gouvernement, Jean-François Colombet est maintenant président du Conseil départemental par procuration ; en l’absence du titulaire du poste, il négocie et signe des accords au nom du département comme il négocie et signe des marchés au nom de l’Etat et au profit des entreprises de son choix.
Une presse plus avisée dirait que c’est une régression. En effet, le transfert de l’exécutif local a eu lieu en 2004. Nous vivons dans la République décentralisée mais Jupiter nous maintient dans un totalitarisme liberticide, il concentre tous les pouvoirs entre les mains d’un commis voyageur incapable de résoudre le moindre problème, qui court après les incendies et tente d’éteindre les feux au lieu de prévenir le désastre.
Tel un gouverneur des colonies, le préfet de Mayotte est pourvu de pouvoirs dérogatoires, des lois d’exception lui permettent d’exercer son autorité avec assurance et de faciliter son administration, or son séjour est gâté par des drames successifs, résultat d’une posture diplomatique néfaste et d’une politique gouvernementale cynique.
Après les événements de Miréréni-Combani, le préfet reconnait l’évidente corrélation entre immigration et insécurité à Mayotte. En répression des actes barbares, il menace, au nom de l’Etat, de suspendre les titres de séjour pour les parents de délinquants qui tuent en bande organisée, mais il refuse l’abrogation du titre de séjour territorialisé qui favorise l’immigration clandestine, le trafic d’êtres humains, l’installation irrégulière de milliers de migrants sur le territoire. Pour des faits similaires, il avait promis, au nom du gouvernement, de démanteler les bidonvilles par une application stricte de la Loi Elan, mais dans le même temps, il délivre des titres de séjour comme on vend des petits pains, ce commerce administratif accroît la population des bidonvilles qu’il veut éradiquer et rend stérile la loi qu’il brandit comme un glaive.
Le cynisme apparaît ici au grand jour. Aussi, Colombet mériterait amplement les applaudissements s’il obtenait de l’Etat l’abolition du titre de séjour territorialisé qui rend endémique à Mayotte une criminalité importée d’ailleurs et une insécurité institutionnalisée par une législation liberticide, violente dans tous les sens du terme.

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