L’enquête publique relative au projet du futur aéroport de Bouyouni s’est officiellement achevée le 24 juillet 2026. À cette occasion, plusieurs observations ont été adressées au commissaire enquêteur, parmi lesquelles celle de M. Ben Ahamada, propriétaire terrien de la zone de Gagani, dans la commune de Bandraboua.
Dans un courriel, dont une copie a également été adressée aux élus mahorais, le propriétaire foncier souhaite attirer l’attention des décideurs sur les conséquences du projet pour les propriétaires concernés, mais aussi sur les enjeux agricoles et fonciers qu’il soulève pour l’avenir de Mayotte.
Dans ce courriel adressé au délégué chargé de l’enquête publique, l’intéressé sollicite tout d’abord la transmission des conclusions de l’enquête ainsi que des analyses réalisées par le commissaire enquêteur, estimant que le projet concerne directement les terres appartenant à sa famille.
Au-delà de cette demande d’information, M. Ben Ahamada s’interroge sur les modalités d’acquisition des parcelles concernées par la future retenue d’eau prévue dans le cadre des travaux de l’aéroport. Il demande notamment si les terrains feront l’objet d’une acquisition définitive ou d’une occupation temporaire.
Dans l’hypothèse d’une acquisition définitive, il souhaite connaître le devenir des parcelles après la fin des travaux, leur futur propriétaire ainsi que les projets qui pourraient y être développés. À l’inverse, si l’acquisition n’est que provisoire, il demande quelles garanties seront apportées concernant la restitution des terres à leurs propriétaires une fois le chantier achevé.
Le propriétaire attire également l’attention sur la forte valeur agricole des terres de Gagani. Selon lui, ces parcelles disposent d’un potentiel important et pourraient contribuer durablement à la sécurité alimentaire de Mayotte si elles étaient pleinement exploitées. Il interroge donc l’État sur les éventuelles terres de substitution qui pourraient être proposées aux exploitants concernés par une expropriation, ainsi que sur les modalités de leur mise à disposition et les délais de mise en œuvre.
Enfin, M. Ben Ahamada demande davantage de transparence sur l’emprise réelle du projet. Il souhaite connaître la superficie exacte nécessaire à la création du bassin de retenue d’eau, ainsi que la surface totale que l’État envisage d’acquérir pour les besoins de son exploitation.
À travers cette démarche, le propriétaire terrien appelle les autorités à apporter des réponses précises sur les conséquences foncières et agricoles du projet de l’aéroport de Bouyouni. Un dossier qui, au-delà des enjeux liés aux infrastructures de transport, soulève également la question de la préservation des terres agricoles et de leur rôle dans l’avenir alimentaire de Mayotte.

