La mosquée de Majiméouni, située dans la commune de Bouéni, est au cœur d’une vive polémique depuis les événements survenus le vendredi 31 juillet 2026. Selon plusieurs habitants de la commune, la prière hebdomadaire du vendredi n’a finalement pas pu être organisée en raison de fortes tensions ayant opposé des fidèles mahorais à un groupe de ressortissants étrangers fréquentant régulièrement ce lieu de culte. Une situation inhabituelle qui a nécessité l’intervention de la gendarmerie et qui suscite désormais de nombreuses interrogations au sein de la population.
D’après les témoignages recueillis auprès de plusieurs habitants, deux ressortissants anjouanais seraient aujourd’hui les principales figures d’influence au sein de cette mosquée. Le premier est titulaire d’un titre de séjour et exerce comme professeur de mathématiques dans un établissement scolaire (collège) de Mamoudzou. Le second bénéficie du statut d’asile politique à Mayotte. Selon plusieurs personnes interrogées, cet homme affirme avoir été militaire aux Comores sous la présidence de Mohamed Bacar et revendiquerait avec fierté avoir appartenu à cette armée, au point d’être surnommé « Mohamed Bacar » par certaines personnes qui le côtoient.
Toujours selon les habitants, ces deux hommes auraient progressivement pris une place prépondérante dans la gestion de la mosquée, au point d’écarter les Mahorais des principales responsabilités. Plusieurs fidèles affirment également que les jeunes qui gravitent autour de ce groupe suivraient leurs consignes sans les remettre en question. Certains témoignages rapportent qu’il serait régulièrement demandé aux nouveaux fidèles de ne pas écouter les Mahorais présents dans la mosquée et de ne pas suivre leurs recommandations, ce qui contribuerait à accentuer les divisions au sein de la communauté.
Les inquiétudes portent également sur des réunions ou des enseignements qui seraient organisés à destination de ressortissants étrangers. Plusieurs habitants disent avoir été particulièrement alarmés après avoir entendu l’expression « Rissi fagna djihadi », traduite par eux comme signifiant « Nous faisons un djihad ». Cette phrase, rapportée par plusieurs témoins, nourrit aujourd’hui de nombreuses interrogations dans le village sur la nature exacte des enseignements dispensés. À ce stade, aucune autorité n’a confirmé ces allégations ni leur signification dans le contexte évoqué.
Face à la montée des tensions, la gendarmerie est intervenue afin d’éviter que la situation ne dégénère davantage. Selon plusieurs témoins présents, l’arrivée rapide des militaires a permis d’empêcher des affrontements entre les différents groupes de fidèles. Malgré ce retour au calme, la prière du vendredi n’a finalement pas pu être célébrée. Toujours selon des personnes présentes, un gendarme aurait indiqué que si les tensions devaient se poursuivre, la fermeture administrative de la mosquée pourrait être envisagée. Cette information n’a toutefois pas fait l’objet d’une communication officielle.
Pour les habitants de Bouéni, ces événements constituent un signal d’alerte. Ils estiment que cette situation dépasse désormais le simple cadre d’un différend entre fidèles et souhaitent obtenir des réponses claires des autorités compétentes. Ils s’interrogent notamment sur la nature des activités organisées au sein de la mosquée, sur les discours qui y sont tenus ainsi que sur le rôle joué par les personnes qui en assurent aujourd’hui l’encadrement.
La population annonce ainsi vouloir saisir officiellement, dès ce lundi 3 août, le Grand Cadi de Mayotte, le maire de Bouéni ainsi que le préfet. Les habitants espèrent que ces démarches permettront d’apaiser les tensions, de clarifier les faits rapportés et de garantir que ce lieu de culte demeure un espace de prière, de sérénité et de rassemblement pour l’ensemble des fidèles.

