Bandraboua : un adjoint au maire hausse le ton devant la mairie, la majorité municipale sous tension
Renouvellement des contrats, recrutements à la police municipale, gestion administrative et désaccords entre élus : la tension semble monter à la mairie de Bandraboua. Ce lundi matin, Nassuf Taouhid, adjoint au maire chargé de la sécurité, a publiquement exprimé sa colère devant plusieurs agents municipaux. D’autres élus de la majorité évoquent désormais un risque de blocage du conseil municipal si la situation ne s’améliore pas.
Un adjoint au maire exprime sa colère devant les agents
Que se passe-t-il à la mairie de Bandraboua ?
Ce lundi matin, Nassuf Taouhid, adjoint au maire chargé de la sécurité, s’est présenté devant la mairie pour exprimer publiquement son mécontentement concernant plusieurs décisions prises au sein de la collectivité.
En l’absence du maire, Abdou-Lihariti Antoissi, surnommé « Maradona », l’élu s’est adressé à des agents municipaux rassemblés sur les escaliers de l’hôtel de ville.
Son premier sujet de préoccupation : le non-renouvellement de certains contrats de travail.
L’adjoint a demandé que les agents arrivant en fin de contrat soient renouvelés « tout de suite, dans l’immédiat », quelle que soit leur appartenance politique.
Selon ses déclarations, les élus auraient trouvé, à leur arrivée à la mairie après les élections municipales de mars, des agents déjà en poste, parmi lesquels des pères et des mères de famille. Il estime que leur situation ne devrait pas être remise en cause sans concertation.
Des recrutements à la police municipale qui interrogent
Nassuf Taouhid a également dénoncé son manque d’information concernant des recrutements au sein de la police municipale.
« Comment se fait-il ? Moi, je dois donner mon avis », a-t-il lancé, rappelant qu’il est précisément l’adjoint chargé de la sécurité.
L’élu s’interroge sur les raisons pour lesquelles il n’aurait pas été associé à ces recrutements, pourtant liés à son domaine de délégation.
Il a même évoqué la possibilité d’arrangements dont il aurait été tenu à l’écart. Il s’agit à ce stade de soupçons exprimés par l’adjoint, et non de faits établis.
Selon lui, en cas de problème touchant à la sécurité, sa responsabilité politique pourrait être engagée alors qu’il n’aurait pas été consulté sur certaines décisions.
La DGS au cœur des critiques
Les reproches formulés par l’adjoint visent également Abdallah Méfouza, directrice générale des services (DGS) de la commune.
Devant les agents, Nassuf Taouhid a affirmé ne craindre ni la DGS ni le maire. Il s’est interrogé sur la place qu’occuperait la direction générale dans les décisions municipales et sur la liberté des élus de faire entendre leurs désaccords.
D’autres membres de la majorité municipale, contactés par 976 News, remettent eux aussi en question le fonctionnement actuel de la mairie.
Ils estiment que la DGS disposerait d’une influence excessive auprès du maire, en raison notamment de leur proximité personnelle alléguée.
Ces affirmations relèvent des déclarations de ces élus et ne permettent pas, à elles seules, d’établir une irrégularité dans la gestion communale.
Les mêmes élus demandent un changement à la direction générale des services.
Ils souhaitent également obtenir un bilan de l’action menée par Abdallah Méfouza lorsqu’elle travaillait au service de la politique de la ville, dont ils critiquent les résultats.
Des adjoints qui dénoncent des pressions
Selon plusieurs élus de la majorité ayant témoigné auprès de 976 News, les relations avec le maire seraient devenues particulièrement difficiles.
Ils affirment que des menaces de retrait de délégations ou de diminution d’indemnités auraient été évoquées lorsque certains adjoints exprimaient leur désaccord.
Ces accusations n’ont pas été corroborées par des documents ou une réponse du maire à ce stade.
Pour Nassuf Taouhid, la situation actuelle ne correspondrait pas aux engagements pris devant les habitants pendant la campagne municipale.
L’adjoint souhaite désormais un entretien avec le maire afin d’obtenir des explications et de clarifier le fonctionnement de l’équipe municipale.
Un risque de blocage du conseil municipal d’ici décembre ?
La contestation pourrait aller plus loin.
Des élus de la majorité indiquent à 976 News que si les désaccords persistent jusqu’en décembre, le maire pourrait rencontrer des difficultés à réunir le quorum nécessaire à la tenue de ses conseils municipaux.
Il s’agit pour l’instant d’un avertissement formulé par ces élus, et non d’un blocage déjà constaté.
Derrière les critiques adressées à la DGS, c’est plus largement la répartition des responsabilités entre le maire, ses adjoints et l’administration municipale qui semble être remise en question.
Certains élus résument leur mécontentement en affirmant qu’ils ne veulent pas voir la mairie dirigée par un cercle restreint autour du maire.
Une majorité municipale appelée à clarifier son fonctionnement
Quelques mois après les élections municipales, les tensions internes apparaissent désormais au grand jour à Bandraboua.
Renouvellement des contrats, recrutements, fonctionnement des délégations et place de la direction générale des services : autant de sujets sur lesquels les élus contestataires réclament des explications.
Le maire Abdou-Lihariti Antoissi et la DGS Abdallah Méfouza devront pouvoir apporter leur version des faits, notamment concernant les accusations de pressions, les décisions relatives aux agents contractuels et les modalités de recrutement.
Pour les habitants de Bandraboua, une question demeure : ces désaccords internes risquent-ils de perturber le fonctionnement de la commune et les services rendus à la population ?