Une scène de violence particulièrement grave s’est déroulée hier soir aux alentours de 22 heures à Bandraboua. Selon plusieurs témoignages concordants, cinq individus venus du village voisin de Dzoumogné ont fait irruption sur la place du remblai, ciblant un groupe de jeunes présents sur les lieux.
Au cours de cette attaque, un jeune homme âgé de 24 ans a été grièvement blessé à coups de machette, recevant au moins deux coups dans le dos. Pris pour cible dans une agression rapide et brutale, il a réussi à s’échapper seul, malgré des blessures importantes.
Dans un état critique, le jeune homme a dû fuir en courant, le corps ensanglanté, sans assistance immédiate. Selon les témoignages, plusieurs personnes présentes sur place n’auraient pas réagi face à la violence de la scène.
Il a finalement trouvé refuge chez sa grande sœur, située dans les hauteurs du village, après une course marquée par la douleur et une perte de sang importante. Ce sont ses proches qui ont alerté les secours dans l’urgence.
La prise en charge de la victime soulève aujourd’hui de nombreuses interrogations. Alertés une première fois, les pompiers auraient indiqué intervenir rapidement. Pourtant, après une longue attente, aucun secours ne s’est présenté.
Inquiets, les proches ont relancé les secours, avant d’apprendre que l’intervention avait été annulée, les services estimant qu’il n’y avait pas de situation d’urgence.
Une décision difficilement compréhensible au regard de l’état du blessé, qui saignait abondamment. Finalement, c’est le grand frère de la victime qui a pris l’initiative de le conduire aux urgences de Dzoumogné. Le jeune homme a ensuite été transféré au Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) de Mamoudzou, où il est toujours hospitalisé.
Les examens médicaux font état de lésions graves, avec des artères touchées ainsi qu’un os atteint. Si son pronostic vital n’est pas engagé à ce stade, il reste sous surveillance médicale.
Les cinq agresseurs auraient été formellement identifiés par la victime ainsi que par plusieurs témoins présents sur les lieux. Après l’attaque, ils ont pris la fuite en direction de Dzoumogné.
Cet épisode ravive de fortes tensions entre les deux localités. De nombreux habitants craignent désormais une escalade de la violence, avec un risque réel d’affrontements entre bandes issues des deux villages.
Élu le 22 mars dernier, le maire de Bandraboua, Abdou-Lihariti Antoissi, dit “Maradona”, avait pourtant entrepris une première démarche en réunissant les jeunes de la commune afin d’écouter leurs préoccupations et tenter d’apaiser les tensions.
Mais au regard des événements survenus hier soir, ces initiatives semblent ne pas avoir encore produit d’effets concrets visibles sur le terrain.
Cet acte de violence marque un nouveau seuil dans un climat déjà tendu. Il met en lumière à la fois la montée des violences entre jeunes, mais aussi les limites des dispositifs de prévention et d’intervention.
Sans réaction rapide et ferme des autorités, la situation pourrait dégénérer.
Le spectre d’un conflit ouvert entre Bandraboua et Dzoumogné est désormais dans tous les esprits.