Emmanuel Macron ne pourra pas briguer un troisième mandat consécutif en 2027. Une question se pose néanmoins pour la suite : pourrait-il revenir en 2032 ? La limitation constitutionnelle concerne les mandats consécutifs et n’interdit donc pas, en principe, une nouvelle candidature après une interruption.
L’autre scénario parfois évoqué concerne l’article 16 de la Constitution, qui accorde des pouvoirs exceptionnels au président dans des circonstances extrêmement graves. Mais son activation n’entraînerait pas automatiquement l’annulation de la présidentielle de 2027 ni le maintien d’Emmanuel Macron à l’Élysée jusqu’au retour au calme.
À Mayotte, les promesses restent dans les mémoires
Pour les Mahorais, la véritable question est ailleurs : quel bilan retenir des deux mandats d’Emmanuel Macron pour Mayotte ?
La piste longue, la lutte contre l’immigration irrégulière, l’accès suffisant à l’eau, la maîtrise de la violence et de l’insécurité, le développement du territoire, mais également les « 101 mesures » annoncées pour Mayotte : sur tous ces dossiers, de nombreux Mahorais considèrent que les résultats restent très éloignés des attentes.
Après les plans, les annonces et les visites ministérielles, la population ne veut plus de nouvelles promesses : elle veut des réalisations concrètes.
Après Chido, la question des terres mahoraises s’ajoute aux inquiétudes
Pour les Mahorais, l’une des évolutions les plus visibles depuis le passage du cyclone Chido concerne le foncier et les projets impliquant des acquisitions ou des expropriations de terrains.
Cette situation alimente un sentiment particulièrement fort chez certains propriétaires et habitants : alors que plusieurs grandes promesses faites à Mayotte tardent, les procédures touchant aux terres mahoraises semblent, elles, avancer beaucoup plus rapidement.
Pour la population, l’expropriation des terres mahoraises après Chido est même devenue l’une des actions les plus visibles associées à la politique menée sous Emmanuel Macron à Mayotte.
Cette perception nourrit une inquiétude plus profonde : celle de voir les Mahorais progressivement perdre la maîtrise de leur foncier au moment même où la reconstruction transforme profondément le territoire.
2027 : les Mahorais attendent du changement
La lassitude concerne également certains élus locaux, auxquels la population reproche de ne pas suffisamment s’imposer face à la préfecture et au gouvernement pour défendre les intérêts de Mayotte.
L’élection présidentielle de 2027 représentera donc un moment important. Les Mahorais pourront confronter les propositions des différents candidats sur l’eau, la sécurité, l’immigration, le foncier, les infrastructures, les droits sociaux et le développement du territoire, puis faire leur propre choix.
Qu’Emmanuel Macron revienne ou non un jour dans la course à l’Élysée, le véritable enjeu reste celui des résultats.
Les Mahorais ont entendu suffisamment de promesses. Ils attendent désormais des actes.