Pamandzi à l’épreuve de l’immobilisme politique

Depuis la création des communes à Mayotte en 1977, Pamandzi a traversé près d’un demi-siècle de transformations, portées par huit mandats successifs. Si cette histoire communale est marquée par des périodes contrastées, les années 2008 à 2017 restent, pour beaucoup, celles d’un développement soutenu, rendu possible par d’importantes dotations et la mise en œuvre de projets structurants.

Cette décennie a profondément façonné la commune, avec des initiatives qui ont contribué à améliorer les infrastructures et les services publics. Une dynamique aujourd’hui largement regrettée, tant le contraste avec la période suivante est saisissant.

À partir de 2017, avec l’arrivée de Siaka à la tête de la commune, puis celle de Madi Madi Souf en juillet 2020, Pamandzi entre dans une phase qualifiée par de nombreux observateurs d’immobilisme. Entre 2017 et 2026, peu de nouveaux projets voient le jour, tandis que les infrastructures existantes se dégradent et que les services municipaux peinent à répondre aux attentes de la population.

Cette situation est aggravée par les conflits internes au sein du groupe majoritaire, le Mouvement pour le Développement de Mayotte (MDM). Au lieu d’unir leurs forces autour de l’intérêt général, les élus se sont déchirés dans des querelles internes, se divisant en factions rivales, parfois davantage préoccupées par des stratégies électorales que par la gestion de la commune. Une rivalité qui, pour certains habitants, évoque un scénario de western politique où chacun défend avant tout ses intérêts.

Face à cette stagnation, la mandature 2020-2026 a paradoxalement ouvert la voie à une multiplication des candidatures pour les prochaines élections municipales. L’absence de projets tangibles a démontré qu’il est possible d’exercer le pouvoir sans impulser de changement réel, nourrissant frustrations et désillusions parmi les administrés.

À l’approche du scrutin du 15 mars, les candidats se multiplient, avec des profils et des motivations diverses. Certains sont des habitués des campagnes électorales, présents à chaque échéance. D’autres misent sur leur aisance en langue française pour séduire l’électorat, tandis que certains semblent davantage rechercher une visibilité médiatique éphémère qu’un véritable engagement local.

Les dés sont désormais jetés. Les habitants de Pamandzi attendent avec impatience l’issue de ce scrutin, porteurs de l’espoir qu’une nouvelle équipe municipale saura enfin rompre avec l’immobilisme, proposer une vision claire et bâtir un avenir à la hauteur des attentes pour cette commune emblématique de Petite-Terre.

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