Mayotte : Emmanuel Macron nomme un sous-préfet déjà poursuivi pour prise illégale d’intérêts

Bruno Cassette

Une nomination signée par Emmanuel Macron

C’est désormais officiel. Par un décret du 13 octobre 2026, publié au Journal officiel du 15 octobre, le président de la République Emmanuel Macron a nommé Bruno Cassette sous-préfet chargé de mission auprès du préfet de Mayotte.

Administrateur de l’État de classe exceptionnelle, Bruno Cassette est nommé à ce poste, classé dans le groupe IV, pour une durée initiale de trois ans.

Le décret a été pris sur le rapport du Premier ministre Sébastien Lecornu, du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et de la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou.

Une nomination administrative qui pourrait sembler ordinaire. Pourtant, le passé judiciaire du nouveau sous-préfet mérite d’être rappelé.

Un haut fonctionnaire déjà renvoyé devant la justice

Avant d’exercer les fonctions de sous-préfet à Aix-en-Provence, Bruno Cassette avait occupé le poste de directeur général des services de la Métropole européenne de Lille.

C’est dans le cadre de ses anciennes responsabilités qu’il avait été mis en cause dans une affaire concernant l’attribution d’un marché public.

Plusieurs médias, dont Marsactu, La Marseillaise et 20 Minutes, avaient relaté cette affaire judiciaire portant notamment sur des soupçons de favoritisme et de prise illégale d’intérêts.

Bruno Cassette avait été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Lille.

Il faut cependant préciser un élément fondamental : le 2 juillet 2024, Bruno Cassette a été relaxé en première instance. Il ne peut donc pas être présenté comme ayant été condamné dans cette affaire.

La procédure a connu des développements en appel, mais les éléments dont dispose 976 News ne permettent pas d’affirmer quelle en a été l’issue définitive.

Pourquoi ce choix pour Mayotte ?

C’est ici que la décision de l’État peut interpeller.

Pourquoi nommer à Mayotte un haut fonctionnaire dont le parcours a été marqué par une affaire judiciaire aussi médiatisée ?

Certes, Bruno Cassette a bénéficié d’une décision de relaxe en première instance. Celle-ci doit être respectée. Mais les Mahorais peuvent légitimement s’interroger sur les critères retenus par le gouvernement pour désigner les représentants de l’État sur leur territoire.

Mayotte fait face à des défis considérables : insécurité, immigration irrégulière, difficultés d’accès à l’eau, reconstruction après le cyclone Chido, logement et développement économique.

Dans un tel contexte, la population attend des responsables publics capables d’apporter des réponses concrètes, mais aussi d’inspirer confiance.

La nomination d’un sous-préfet n’est donc pas un simple changement de nom dans l’organigramme de l’administration. Elle engage également l’image de l’État et la relation qu’il entretient avec les habitants.

Mayotte mérite-t-elle davantage de transparence ?

Pour 976 News, cette nomination pose une question plus large : quelle considération l’État accorde-t-il à Mayotte lorsqu’il choisit les hauts fonctionnaires appelés à y exercer ?

Il ne s’agit pas de déclarer Bruno Cassette coupable de faits pour lesquels il a été relaxé en première instance. Il s’agit de rappeler son parcours et de demander pourquoi son profil a été retenu pour cette mission.

Quelles responsabilités précises lui seront confiées ? Quels objectifs devra-t-il atteindre durant ses trois années de mission ? Et comment l’État compte-t-il renforcer la confiance des Mahorais envers ses représentants ?

Ces questions méritent des réponses.

À Mayotte, les habitants ne demandent pas seulement des nominations signées à Paris. Ils attendent des responsables exemplaires dans l’exercice de leurs fonctions, transparents dans leur action et capables de produire des résultats.

Le nouveau sous-préfet devra désormais être jugé sur son travail à Mayotte. Mais cela n’empêche pas de s’interroger, dès aujourd’hui, sur les choix de ceux qui l’ont nommé.

Sources :

  • Journal officiel du 15 octobre 2026, décret du 13 octobre 2026 (NOR : INTP2624499D) ;
  • La Provence ; Marsactu ; La Marseillaise ; 20 Minutes.

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