Face à une situation qu’elle juge désormais critique et devenue insoutenable pour la population, la députée Anchya Bamana a pris l’initiative d’interpeller directement les plus hautes autorités de l’État. Dans deux courriers successifs, datés du 4 février 2026 et du 20 avril 2026, elle expose avec gravité une lecture politique et stratégique de la crise que traverse l’île. Ces lettres, adressées aux ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, ne se contentent pas de dresser un constat : elles accusent clairement la diplomatie française d’avoir une part de responsabilité dans la dégradation de la situation migratoire et sécuritaire à Mayotte .
À travers ces prises de position, la députée entend alerter sur ce qu’elle considère comme un dysfonctionnement profond de l’action de l’État, entre manque de fermeté, incohérences politiques et absence de résultats concrets sur le terrain.
Dans son premier courrier, Anchya Bamana décrit sans détour une situation qu’elle estime avoir dépassé le stade de l’alerte. Selon elle, Mayotte fait face à une immigration massive, continue et incontrôlée, qui engendre des conséquences directes sur la vie quotidienne des habitants.
Elle évoque une accumulation de difficultés : insécurité grandissante, violences régulières, saturation des services publics, tensions sociales permanentes, mais aussi un sentiment généralisé d’abandon. Pour la députée, la crise n’est plus théorique ni ponctuelle, elle est devenue structurelle et durable.
En qualifiant cette situation de “réalité brutale”, elle met en avant l’écart entre les discours institutionnels et ce que vivent réellement les Mahorais au quotidien. Malgré les alertes répétées, les interpellations politiques et les demandes d’action, elle constate que les réponses apportées restent insuffisantes, voire inexistantes, laissant la population face à une crise qui s’installe dans le temps .
Au-delà du constat, la députée développe une analyse politique plus large en mettant directement en cause la stratégie diplomatique de la France, en particulier dans ses relations avec les Comores.
Elle évoque un “échec diplomatique majeur”, estimant que la France n’a pas su imposer une position claire et ferme face aux contestations répétées de sa souveraineté sur Mayotte. Selon elle, cette posture affaiblit non seulement l’autorité de l’État, mais envoie également un signal dangereux sur la scène internationale.
Elle dénonce notamment une contradiction qu’elle juge insupportable : un État dont la souveraineté est contestée sur une partie de son territoire, tout en continuant à coopérer sans condition avec ceux qui la remettent en cause.
Pour Anchya Bamana, cette situation décrédibilise la parole de la France et nourrit indirectement la crise migratoire. Elle appelle donc à une réorientation claire de la politique extérieure, affirmant que la souveraineté française à Mayotte doit être réaffirmée sans ambiguïté et défendue avec la même fermeté que sur le reste du territoire national .
Dans son second courrier, la députée concentre son attention sur une situation précise mais hautement symbolique : le camp de migrants installé dans la mangrove de Tsoundzou.
Elle y décrit des conditions de vie qu’elle juge particulièrement préoccupantes, tant sur le plan humain que sanitaire et environnemental. Ce camp, installé dans un espace naturel protégé, illustre selon elle l’impuissance des autorités face à l’installation durable de structures illégales.
Mais ce qui suscite le plus son inquiétude, c’est l’absence de réaction concrète de l’État malgré ses précédentes alertes. Elle déplore notamment le silence du ministère des Affaires étrangères, tout en pointant une gestion qu’elle juge incohérente et déconnectée des réalités locales .
Plus encore, elle s’oppose fermement aux pistes évoquées, notamment la stabilisation du camp ou la mise en place de solutions d’accueil pérennes. Pour elle, une telle orientation reviendrait à institutionnaliser une situation illégale, en contradiction totale avec les attentes des Mahorais.
Dans ses deux courriers, Anchya Bamana adopte une position claire et sans ambiguïté. Elle critique une gestion qu’elle juge profondément incohérente, entre discours sécuritaires affichés et décisions concrètes perçues comme contradictoires.
D’un côté, l’État affirme vouloir lutter contre l’immigration clandestine et restaurer l’ordre. De l’autre, certaines initiatives donnent, selon elle, le sentiment d’accompagner voire d’organiser la présence de migrants sur le territoire.
Cette double lecture alimente un sentiment de confusion et de défiance. La députée va plus loin en estimant que l’État adopte parfois une posture qui s’apparente davantage à celle d’une organisation humanitaire qu’à celle d’une puissance souveraine.
Dans ce contexte, elle rappelle avec force que les Mahorais attendent des actes clairs, cohérents et fermes, et non des compromis qui entretiennent la situation actuelle. “Ce n’est pas du tout ce que les Mahorais attendent de l’État”, insiste-t-elle .
Face à ce qu’elle considère comme une urgence absolue, la députée appelle à une réponse immédiate et structurée de l’État. Elle ne se limite pas à un constat critique, mais formule une série d’exigences précises visant à reprendre le contrôle de la situation.
Elle insiste sur la nécessité de démanteler durablement les camps illégaux, de renforcer de manière effective la surveillance des frontières maritimes et d’assurer l’éloignement systématique des personnes en situation irrégulière.
Au-delà des mesures sécuritaires, elle appelle également à une réponse diplomatique ferme et assumée, condition essentielle selon elle pour agir efficacement sur les flux migratoires.
L’objectif est clair : restaurer l’ordre public, protéger la population et rétablir la confiance des Mahorais envers l’État .
Dans ces deux courriers, un message central se dégage avec insistance et gravité : “L’État doit reprendre la main. Pas demain. Maintenant.”
Pour Anchya Bamana, la situation ne permet plus d’attendre. L’inaction ou les demi-mesures ne sont plus acceptables face à une crise qui s’aggrave et qui affecte profondément la vie quotidienne des habitants.
Elle appelle ainsi à une mobilisation totale de l’État, à la hauteur des enjeux sécuritaires, sociaux et politiques que représente Mayotte.
Au-delà du contenu des courriers, cette double interpellation constitue un signal politique fort. Elle traduit une volonté affirmée de porter la voix des Mahorais au plus haut niveau de l’État, tout en dénonçant un décalage croissant entre les décisions nationales et la réalité du terrain.
Dans un contexte où la tension reste vive à Mayotte, ces prises de position viennent rappeler que, pour une partie des élus locaux, le temps des constats et des alertes est désormais dépassé.
Ce qui est attendu aujourd’hui, ce sont des décisions concrètes, visibles et efficaces.
Car pour beaucoup, l’enjeu dépasse la seule question migratoire : il s’agit de l’avenir, de la sécurité et de la stabilité de Mayotte.

