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Tsoundzou : face-à-face tendu entre la députée Anchya Bamana et le préfet autour du camp de migrants

Désaccord sur la présence des médias, divergences politiques et tensions sur la gestion du camp : la visite annoncée cristallise les fractures entre l’État et les élus mahorais.

par La Rédaction
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La visite prévue aujourd’hui à 14h30 du camp de migrants installé dans la mangrove de Tsoundzou prend une tournure particulièrement politique. À l’origine de cette initiative, la députée de Mayotte Anchya Bamana, qui souhaite constater sur place la situation, avait proposé au préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, de se joindre à elle.

Dans un premier temps, le représentant de l’État avait décliné l’invitation, préférant déléguer cette mission à sa directrice de cabinet. Mais contre toute attente, le préfet a finalement décidé de se rendre sur place, informant la députée ce matin aux alentours de 8h40 de sa présence au rendez-vous fixé devant l’entrée du camp.

Un échange direct révélateur des tensions

Ce revirement s’accompagne toutefois de conditions posées par le préfet, notamment concernant la présence des médias. Dans son message adressé à la députée, il précise qu’il ne souhaite pas participer à une opération qu’il considère comme politique.

« Je vous confirme que je ne saurais participer à une opération de communication au profit d’une formation politique quelle qu’elle soit, en présence de la presse », écrit-il, tout en rappelant que les personnes présentes dans le camp sont, selon lui, des demandeurs d’asile ou des réfugiés protégés par la convention de Genève, appelant à « un minimum de dignité ».

Une position qui n’a pas tardé à susciter une réponse ferme de la députée.

Une réponse politique assumée

Dans sa réponse, Anchya Bamana revendique pleinement son rôle d’élue. Elle rappelle qu’elle est précisément mandatée pour faire de la politique, c’est-à-dire défendre les intérêts des Mahorais.

Elle affirme notamment que la population attend une solution claire : le démantèlement du camp et le transfert des personnes vers l’Hexagone, où les obligations liées à la convention de Genève pourraient, selon elle, être respectées dans de meilleures conditions.

La députée qualifie par ailleurs le site de “camp de la honte”, marquant ainsi une prise de position particulièrement forte sur la situation actuelle.

La question sensible de l’accès des médias

Au cœur de cette visite se trouve également une interrogation majeure : l’accès des médias au camp.

Le préfet s’oppose à leur présence à l’intérieur du site. Pourtant, plusieurs médias ont d’ores et déjà annoncé leur intention de se rendre sur place, au moins aux abords du camp.

Cette restriction alimente les interrogations.
Pourquoi empêcher les journalistes d’accéder au camp ?
Que cherche-t-on à préserver ou à éviter de montrer ?

Autant de questions qui alimentent le débat public autour de la transparence de la gestion de ce site sensible.

Un camp au cœur des tensions politiques locales

Pour la députée, la gestion de ce camp dépasse la seule question humanitaire. Elle estime que l’État ne souhaite pas le démanteler rapidement et évoque l’idée d’une stratégie qui viserait à provoquer un mouvement social.

Selon elle, ce scénario ne s’est pas produit, les Mahorais n’étant pas entrés dans cette logique.

Elle affirme également que le préfet aurait sollicité plusieurs maires de Mayotte afin de trouver un terrain pour relocaliser le camp. À ce jour, seul le maire de Koungou s’est exprimé publiquement pour refuser l’installation d’un tel site sur sa commune. Les autres élus restent silencieux.

Un appel à l’unité des élus mahorais

Au-delà du camp de Tsoundzou, cette séquence révèle aussi les divisions entre les responsables politiques locaux. La députée regrette un manque de concertation entre élus et interpelle directement les instances représentatives.

Elle s’interroge notamment sur le rôle de l’association des maires de Mayotte, qu’elle juge absente dans ce type de dossier.

Plus largement, elle appelle à une mobilisation collective sur les grandes problématiques du territoire, citant notamment la crise de l’eau, qu’elle estime insuffisamment portée dans le débat public.

Un symbole des tensions entre État et territoire

Cette visite, qui devait initialement être un simple déplacement de terrain, s’annonce désormais comme un moment politique fort. Elle met en lumière les divergences profondes entre l’État et certains élus mahorais, tant sur la gestion migratoire que sur la communication autour de ces sujets sensibles.

À travers ce face-à-face, c’est une question plus large qui se pose : qui décide réellement de la gestion de Mayotte, et dans quel cadre ?

Alors que la visite doit se tenir dans l’après-midi, tous les regards sont désormais tournés vers Tsoundzou, devenu en quelques heures un symbole des tensions politiques et institutionnelles sur l’île.

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